Les Diablogues de Roland Dubillard

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C'est ce que je reproche à la vérité, moi. C'est qu'il faut la connaître pour ne pas se tromper, et que c'est pas toujours commode. La vérité, pourtant, ça devrait s'imposer avec plus d'évidence que l'erreur, ou alors quoi, pas moyen de savoir si on se trompe.

Les Diablogues de Roland Dubillard

Voilà quelques temps déjà que je ne ne m'étais pas replongée dans les Diablogues. J'aime parcourir ces scènettes de temps à autre. Bien sûr, l'écriture a pris quelques tournures désuètes, mais l'absurdité de notre monde y est toujours bien présente.

Avec ma chance, fallait bien que j’épouse un cocu.
L’était pas encore quand je l’ai épousé, mais ça a pas tardé. Il avait d’ailleurs la vocation pour.

Notre société y est parfaitement observée et dépeinte : la bêtise, l'incompréhension, l'envie, les réflexions oiseuses... Tout y est calligraphié et mis en scène dans des situations absurdes, saugrenues ou cocasses. Les dialogues sont divers et variés, on y parle de montagne, de compte-gouttes (question existentielle !), de musique (la musique de placard est bien plus intime que la musique de chambre), d'opéra... Ici, ce ne sont pas les personnages qui sont importants, ils ne sont d'ailleurs connus qu'en tant que Un et Deux, mais bien les paroles échangées, leur incompréhension mutuelle et celle du monde. Ils ne sont d'accord sur rien, un vrai dialogue de sourds !

UN : Parce qu'il y a une chose qu'il ne faut jamais oublier, n'est-ce pas ? Une chose qu'il faut avoir tout le temps présente à l'esprit ; sans ça on ne comprend pas... C'est qu'à ce moment-là, au moment où il écrivait ça... -eh ben, il était sourd.

DEUX : Beethoven.

UN : Beethoven. Sourd. Et sourd des deux oreilles.

DEUX : Ouais...

UN : Ouais !

DEUX : Ouais, mais quand même : c'est pas avec ses oreilles qu'il écrivait ? hein ?

L'humour peut y être tendre comme grinçant ou poétique. Et cette impossibilité de se comprendre qui existe entre ces deux personnages prend des tours divers, comme le comique de mots, la fâcherie, les situations burlesques, les objets anodins...





Bref, je passe toujours un bon moment à relire ces textes et à m'imaginer ces deux clowns pris en flagrant délit de conversation philosophique ou pas.

Proverbe borgne : Il faut être deux pour loucher.

Publié dans Livres

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écureuil bleu 18/01/2016 20:00

Je ne connaissais pas et je vais me le procurer. Bonne soirée Mimi

manou 15/01/2016 15:20

Moi qui adore l'absurde dans les dessins (comme Geluck et son chat par exemple) je devrais aimer vu que je ne connais pas du tout cet auteur ! Merci Mimi c'est une belle découverte pour moi et je vais de ce pas le chercher dans ma médiathèque préféré...

Mimi 15/01/2016 15:38

Et bien ici, tu trouveras tout un stock de scènes les plus absurdes les unes que les autres ! Bonne lecture...

CathyRose 14/01/2016 20:52

Une découverte pour moi, je ne connaissais pas du tout cet auteur !
Belle soirée, bisous !
Cathy

Mimi 14/01/2016 22:47

Alors je suis contente de moi ! Belle soirée Cathy...

laurencedu18 13/01/2016 23:11

bonsoir je suis ok pour l'encadré du haut mais je ne connais point roland dubillard,jspr que tu va bien,bonne nuit bise

Mimi 13/01/2016 23:42

C'est vrai qu'il est peu connu. C'est un auteur qui fait partie du théâtre de l'absurde, au même titre que Ionesco ou Becket. Merci de ta visite et belle nuit.

dalva 13/01/2016 21:37

J'ai vu cette pièce au théâtre. J'avais beaucoup aimé.

Mimi 13/01/2016 23:38

Chanceuse ! J'aurais aimé voir la version avec Jacques Gamblin et François Morel...