Le diable tout le temps de Donald Day Pollock

Publié le par Mimi

Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...

Plus d'espoir au fin fond des états de l'Ohio à la Virginie-Occidentale, partout où l'on se pose, partout où l'on se promène, le noir s'étale à perte de vue. Le mal est partout.
On croit pouvoir faire du stop et on se retrouve sous l'emprise d'un couple infernal, on croit trouver l'amour en la personne d'un prédicateur et c'est le diable qui apparaît. On croit si fort en sa passion pour Dieu qu'on se sent capable de ressusciter la personne que l'on vient de tuer... Et n'essayez même pas de demander le secours de la police !

Lugubre, glauque, infernal, insupportable... tel est le récit de Donald Day Pollock qui regarde ses personnages s'engluer dans leur monstruosité, sans jamais analyser leurs faits. Les destins de tous ces hallucinés, tarés et pauvres d'esprit vont se croiser sur une période de vingt ans, de 1945 à 1965, sans que jamais une lueur d'espoir ou de repentance pointe son nez. C'est au plus profond de leur inhumanité que creuse l'auteur.

 

Alors pourquoi lire un tel ramassis de cauchemars ? Pour l'écriture de l'auteur qui vous embarque, presque malgré vous, dans les vies insupportables de vide, de fanatisme religieux et de malfaisance de tous ces agresseurs en puissance. Une écriture forte, crue (mais jamais vulgaire), sèche et calme. Si calme que l'on suit presque sans réagir les atrocités commises par cette humanité déchue.

Je reconnais que ce roman ne fera pas l'unanimité auprès des lecteurs tant les âmes des protagonistes sont noires, mais il n'empêche qu'il  reste un grand auteur à découvrir si ce n'est déjà fait !
Et un point surprenant : Donald Day Pollock a commencé à écrire à l'âge de cinquante ans, après avoir travaillé dans une usine de pâte à papier pendant trente-deux ans.

 

Roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christophe Mercier

Il y a des gens qui naissent juste pour être enterrés ; sa mère était comme ça, et il avait toujours pensé que c'est pour ça que son vieux s'était tiré, même si lui-même ne valait pas grand-chose.

Ce jour-là quelque chose s'était brisé en lui. Pour la première fois, il réalisait que sa vie n'avait aucun sens. Le seule chose qu'il sût faire, c'était se servir d'un appareil-photo, mais qui avait besoin qu'un type quelconque et obèse, aux cheveux clairsemés, prenne d'ennuyeuses photos de chiards pleurnichards, de pouffiasses en robe de bal de promotion, de couples mariés moroses célébrant vingt ans de misère ?

Publié dans Livres

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Audrey-Que Lire ? 19/05/2017 19:20

Je l'ai lu quand j'étais jurée d'un Prix des Lecteurs en 2014. Je me souviens que j'avais beaucoup aimé ce livre. Mais c'est vrai que l'on trouve difficilement plus noir...

écureuil bleu 18/05/2017 11:29

Bonjour Mimi. Pas sûr que je le lise même si c'est bien écrit. Bonne journée

Mimi 18/05/2017 14:45

Ce genre de lecture ne fait pas l'unanimité et c'est bien compréhensible...

Mon arbre aux violettes 17/05/2017 22:31

... ça donne pas trop envie de le lire ... Tu as aimé ?

Mimi 17/05/2017 23:25

Oui, j'ai bien aimé ce roman qui jamais ne juge, mais qui ne permet pourtant pas aux assassins de s'en sortir... Je ne veux pas trop en dire, seulement qu'on est captivée par l'écriture.

Karen 17/05/2017 22:17

Une découverte pour moi !

Mimi 17/05/2017 23:26

Elle le fut également pour moi. Une belle découverte même d'un auteur dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à présent.

Nell 17/05/2017 19:56

Noir c'est noir, je lis beaucoup moins depuis quelques mois, mais je me vois mal lire ce genre de livre en ce moment, bien que tu en aies tirée "l'essence" avec brio. Je te souhaite une belle soirée et t'envoie de gros bisous, ma chère Mimi. ♥

Mimi 17/05/2017 23:29

Ce n'est pas le genre de roman que je t'offrirais Nell, c'est sûr ! Je piocherais pour toi quelque chose de beaucoup plus doux. Gros bisous et belle nuit...