Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami

Publié le par Mimi

Mêmes les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans des vies antérieures... tout est déterminé par le karma. Même pour des choses insignifiantes, le hasard n'existe pas.

Je viens de terminer " Le monde de Sophie ". Tssi tssi tssi... je voulais dire je viens de terminer " Kafka sur le rivage " Mais pourquoi une telle confusion ? Assurément parce que tout le long du roman, le lien était, pour moi, évident.

Le héros de ce roman est un jeune garçon, âgé d'une quinzaine d'années, taciturne et renfermé, qui fait son entrée dans le monde de la philosophie, sans le savoir mais grâce aux nombreux Pygmalions qu'il croise. À travers ses aventures (il s'est enfui de chez lui car il déteste son père et pour éviter la prédiction de celui-ci), le lecteur est initié à la pensée occidentale d'abord et, dans une moindre mesure, à la pensée japonaise. Ce roman a certainement conquis ses nombreux lecteurs grâce au questionnement savamment mené par le jeune héros et dont les réponses lui sont données, non pas de façon directe, mais par l'expérience elle-même. Un roman initiatique donc.

Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque.

C'est très bien fait, très bien mené, original (ou presque vu la référence au premier livre), mais pas confortable. Confortable ? Oui, ce roman m'a gênée. Je l'ai trouvé certes intéressant, mais trop verbeux. Des dialogues sans fin (et sans intérêt) m'ont fait pousser de profonds soupirs et sauter quelques paragraphes. Et cela ne nuisait en rien la compréhension de l'intrigue.

Je salue donc l'imagination de monsieur Murakami, mais pas son style. Je le remercie des très nombreuses références philosophiques, littéraires et  musicales qui parsèment son roman. Ses personnages, presque parfaits dans tout ce qu'ils font, ne commettent pas de mauvaises actions ou n'ont pas de mauvaises pensées, et si cela arrive, ils s'en repentent très vite. Bref, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil... je deviens sarcastique là non ? Oui, quand même un peu... le monde n'est pas parfait n'est-ce pas ? Et j'aurais aimé une aventure moins lisse pour ce jeune homme... Mais bon voilà, je l'ai lu jusqu'au bout, pas toujours avec envie...

Cependant, j'ai bien aimé les mondes de monsieur Murakami et je le redis son imagination est sans limite, mais l'intrigue n'est pas toujours bien ficelée et parfois les choses ou événements arrivent d'on ne sait où. Bien sûr, dans un monde onirique ou imaginaire, tout peut arriver n'est-ce pas ? Et je me dis que cela doit rassurer l'auteur...

Tu as peur de ton imagination. Et plus encore de tes rêves. Tu crains cette responsabilité qui commence dans le rêve. Mais tu ne peux pas t’empêcher de dormir et, quand tu dors, les rêves surviennent immanquablement. L’imagination diurne est maîtrisable. Pas les rêves.

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Audrey - Que Lire ? 07/12/2016 17:34

J'avais beaucoup aimé la trilogie 1Q84. Puis je me suis essayée à "La course au mouton sauvage " et "Nouvelles de la boulangerie"... j'ai beaucoup moins accroché. Je passe mon tour pour celui-ci alors. Merci pour ton avis.

Mimi 07/12/2016 18:39

Je constate que toi non plus, tu n'es pas une fan absolue de Murakami...

Anne 26/11/2016 17:51

J'ai aimé ce livre. Mais c'est vrai qu'avec lui, on n'est jamais certain de la fin...

Mimi 26/11/2016 18:59

Je trouve cet auteur insaisissable...

Quichottine 26/11/2016 11:03

Tu donnes envie de le lire... mais pour moi, ce ne sera pas tout de suite.
Je note seulement.
Bises et douce journée.

Mimi 26/11/2016 18:58

Parfois, il faut attendre que le livre vienne à soi...

yannn 24/11/2016 19:56

Ton analyse me plait, et pour moi, c'est une façon de lire, par personne interposée, toi.
Je n'arrive pas à entrer dans un livre, c'est comme si je devais tout retenir, presque par cœur. Non, mais quelle idée j'ai là?
En tous les cas, tes passages façon citation sont très très intéressants.

" Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver "...... Je pourrai compléter en disant qu'il faudrait affiner notre système de détection de ces moments précieux.... Pour lezs vivre sur le moment ...... Mais le faît de savoir qu'ils se retrouvent rangés dans notre cerveau, me donne envie de dormir et de les rêver.

" Même pour des choses insignifiantes, le hasard n'existe pas " ....... Et bien là, je bloque, j'ai du mal à penser que tout est écrit. On enseignait en classe l'éducation des choix, montrant qu'on pouvait agir sur certaines choses, et même ça c'est du karma?
Je te remercie ici aussi pour ta généreuse participation aux mots, et dans un com, un ami dit que le texte à Mimi lui a bien plu. Ça devait être inscrit dans ton karma.
Bises de bonne soirée à toi. Yann

Mimi 24/11/2016 23:06

Je vois que ces citations te font réfléchir, cher Yann, et même creuser les méninges. J'aime ces citations, mais cela ne veut pas dire que j'adhère systématiquement à celles-ci. Elles sont plutôt le reflet de ce qui se joue dans le livre,

Maryline 23/11/2016 12:07

J'avais bien aimé "le monde de Sophie" . J'ai lu " La ballade de l'impossible" et " Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de" de Marakami et j'avais apprécié les deux.
Ta critique est mitigée... je verrai si je le trouve en bibliothèque. Merci pour le partage en tous cas!
Bisous

Mimi 23/11/2016 17:51

J'avais bien aimé également "le monde de Sophie". Quant aux deux autres titres proposés, je ne les connais pas. De Murakami, j'ai lu l'incolore Tsuzuki et IQ84. Le premier m'avait emballée et le second moyennement. Je nage entre deux eaux avec cet auteur...