Désert de J. M. G. Le Clézio

Publié le par Mimi

Désert de J. M. G. Le Clézio

Lalla a été élevée par sa tante, dans un bidonville fait de tôle et de papier goudronné, à la mort de sa mère.
Lalla connaît le désert et l'aime de tout son cœur, de tout son corps. Elle aime la chaleur sur sa peau, la blancheur du désert, le vent qui dessèche les lèvres, le vrombissement des abeilles autour d'elle, les fourmis... Elle aime aussi les coutumes de son pays, les histoires, les fêtes, les bains...
Lalla voit et observe la nature et les gens qui l'entourent. C'est de là que vient son savoir, sa compréhension du désert. Et puis aussi du vieux pêcheur Naman qui raconte toujours des histoires, du berger Hartani qui ne parle pas mais lui apprend à écouter le désert et enfin de Es Ser ce personnage fabuleux qu'elle croise sur les dunes écrasées de chaleur et d'une blancheur immaculée.

Lalla est l'héritière des hommes bleus du désert, les touaregs, chassés par les soldats chrétiens. Lalla est fille du désert.

Lalla écoute le bruit du vent, elle écoute les voix grêles des enfants bergers et aussi les bêlements lointains des troupeaux. Ce sont les bruits qu'elle aime le mieux au monde, avec le cri des mouettes et le fracas des vagues. Ce sont des bruits comme s'il ne pouvait rien arriver de mal sur la terre.

Quand le feu est fort, Naman le pêcheur dresse au dessus le trépied de fonte sur lequel il pose la grande marmite de poix. Puis il s'assoit dans le sable, et il regarde le feu, en jetant de temps à autre une brindille que les flammes dévorent aussitôt. Alors les enfants viennent aussi s'asseoir. Ils ont senti l'odeur de la fumée et ils sont venus de loin, en courant le long de la plage. Ils poussent des cris, ils s'appellent, ils rient aux éclats, parce que leu est magique. A ce moment-là, les flammes sont bien hautes et claires, elles bougent et craquent, elles dansent et on voit toutes sortes de choses dans leurs plis.

Mais quand sa tante décide de la marier avec un homme aux yeux noirs et méchants, Lalla se révolte et s'enfuit. Elle va rejoindre Hartani.
Puis peu après, elle est recueillie par la Croix Rouge et expédiée à Marseille...
Là, elle est confrontée à la misère sociale, aux taudis sans nom, à la grisaille de l'hiver, à la tristesse et à la peur des habitants sans travail, sans papier...

Mais là, malheureusement j'ai perdu peu à peu le lien qui m'unissait à Lalla. Ses déambulations à travers la cité phocéenne m'ont épuisée, je n'arrivais plus à la suivre. Déjà, j'avais trouvé étrange qu'elle retrouve, par hasard à Marseille, sa tante qu'elle avait fui quelque temps auparavant. Et puis d'un coup, elle devient très célèbre car elle rencontre un photographe qui fait d'elle une égérie, et puis...
Et puis, le lien s'est complètement rompu. L'histoire a finalement cessé de m'intéresser. Je ne croyais plus en Lalla. Pour moi, elle n'existait plus. Ma lecture s'est arrêtée là.

Mais bon sang, ce que j'ai pu aimé cette première partie qui donne le titre au roman ! Pourquoi, pourquoi ce dérapage ensuite ? Que s'est-il passé dans la tête de J.M.G. Le Clezio ? S'est-il brûlé les ailes au soleil du désert, sa plume s'est-elle asséchée dans la chaleur des dunes, a-t-il succombé à la folie du vent ?

Je n'ai pas la réponse. Je ne comprends pas. Je suis seule face au désert mais je ne ressens plus la chaleur sur mon corps, mes yeux ne brûlent plus à cause de l'intensité du soleil, mes dents ne crissent plus sous les grains de sable, mes oreilles n'entendent plus le vent fou... Je suis seule devant la page couverte de traits noirs qui s'agitent en tous sens mais ne se réunissent plus à former des mots, des mots pour une histoire. Ce n'était qu'un mirage...

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écureuil bleu 21/08/2016 14:08

Cela m'arrive aussi parfois de ne plus suivre l'auteur et de m'arrêter. Bon après-midi

Mimi 21/08/2016 16:48

Avant je n'aurais pas osé arrêter une lecture, maintenant je me dis qu'il y a tellement de beaux écrits à découvrir que je n'ai plus de scrupule. Merci de ta visite.

Maryline 16/08/2016 23:13

J'ai lu ce livre il y a un bon moment. Je l'avais bien aimé et je ne me rappelle pas que la fin m'ait choquée. J'ai beaucoup lu Le Clezio pendant quelques années. Mon livre préféré de cet auteur est "le chercheur d'or". Comme quoi, le ressenti peut -être différent.

Mimi 17/08/2016 08:46

Non, la fin n'est pas choquante. Lalla finit par retourner vers son pays, vers le désert, là où elle mettra au monde son enfant qui sera aussi un enfant du désert. J'ai finalement été au bout de ma lecture, mais sans beaucoup d'intérêt. Comme je l'ai expliqué, le lien etait rompu. Merci de ta visite Marolyne et belle journée.

Roguidine 16/08/2016 17:46

Bonjour
Merci d'être passée sur mon blog !!!!
je n'aime pas lire, bien dommage, mais mon esprit s'envole en lisant,
je pense à autre chose et ensuite je n'y comprends rien !!
pourtant j'aimerais, j'ai bien essayé , mais non !!!
Bonne fin de journée bien chaude

Mimi 16/08/2016 17:59

Chacun a ses passions et heureusement car sinon le monde serait triste et plat...

missfujii. 15/08/2016 20:27

j'ai lu ce livre il y fort longtemps, mais tu me donnes envie de le relire

Mimi 15/08/2016 21:25

Je comprends, la partie sur le désert est d'une beauté extraordinaire. Vraiment, je me suis sentie plongée dans ce décor, j'ai vraiment ressenti la chaleur, les odeurs, les picotements du sable... J'ai également adoré l'histoire parallèle de Nour, l'aïeul de Lalla, l'homme bleu du désert.

Nell 15/08/2016 15:50

Et bien voilà comment les plus belles histoires finissent en queue de poisson... J'aurais été comme toi, Mimi, car rien ne doit-être plus fantastique que d'être happée par la magie du désert. La suite me semblerait trop ressembler à un conte de fées. Gros bisous et superbe après-midi

Mimi 15/08/2016 21:22

Oui, je regrette cette fin qui m'a éloignée de cette héroïne. J'ai trouvé que l'auteur en faisait trop à son sujet. Malgré tout, je ne lui enlève rien quant à son talent d'écriture. Je crois qu'il est tellement tombé amoureux de son personnage Lalla qu'il l'a sublimée au point d'en faire une extraterrestre.