Des souris et des hommes de John Steinbeck

Publié le par Mimi

Des souris et des hommes de John Steinbeck

Et pourtant je connais l'histoire... Je savais que je m'aventurais vers une fin inexorable qui allait, encore une fois, me bouleverser.
Mais comment passer à côté de cette merveilleuse histoire d'amitié qui unit deux êtres si différents, et pourtant si proches ?

Et pourquoi retourner vers cette histoire si dure, si âpre ?
Pourquoi ? Parce qu'avec peu de pages et un vocabulaire simple, répétitif et obsédant, Steinbeck réussit à nous émouvoir au-delà des mots. Tout ce que le lecteur ressent n'est jamais écrit. Toute la pudeur, toute l'amitié qui unit ces deux compagnons de route et de travail est transmise par le ressenti de la lecture.


George continua :
- Pour nous, c'est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu'un à qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on n'a pas d'autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.
Lennie intervint.
- Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, t'as moi pour m'occuper de toi, et c'est pour ça.
Il éclata d'un rire heureux.

Années 30. Grande dépression. Californie.
Les saisonniers sont sur les routes, allant d'un ranch à l'autre pour trouver du travail. Parmi eux, George et Lennie.
La vie est difficile, rude. le travail est pénible. Les journées sont longues. La misère est partout. Mais George et Lennie ne connaissent pas la solitude des autres travailleurs. Eux, ils circulent ensemble. Et puis surtout, ce qui les unit, c'est leur rêve. Leur rêve de posséder un petit lopin de terre bien à eux. le rêve américain. le début de la liberté.

Dis-moi tout ce qu'on aura dans le jardin, et les lapins dans les cages, et la pluie en hiver, et le poêle, et la crème sur le lait qui sera si épaisse qu'on pourra à peine la couper. Raconte-moi tout ça, George.

Seulement, il faut faire attention. Attention à ce que Lennie ne compromette pas leur chance d'accéder à ce rêve. Lennie est d'une force herculéenne. Mais Lennie ne sait pas maîtriser sa force. Lennie ne sait pas beaucoup de choses. Lennie ce qu'il aime par-dessus tout, c'est caresser des choses douces. Lennie est un homme-enfant.
Alors George veille sur ce colosse. Lui explique les choses. Lui dicte sa conduite. Et surtout lui raconte leur ferme, avec une vache, des cochons et bien sûr des lapins, très doux à caresser...

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
- Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc.
Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l’autre main, il lui couvrit la bouche et le nez.
- Non, j’vous en prie, supplia-t-il. Oh, j’vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait.
Elle se débattait vigoureusement sous ses mains…
- Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j’ai encore fait quelque chose de mal. Il m’laissera pas soigner les lapins.

Steinbeck n'a pas construit ce court roman avec de grandes phrases, ni un vocabulaire recherché. Les dialogues sont nombreux et le langage parlé rend proche l'atmosphère du ranch. Les faits et gestes sont relatés avec une grande concision, parfois même une grande économie en ce qui concerne les interventions de Slim. Sauf peut-être le rêve partagé de George et Lennie. Pourtant, on ressent la grande fragilité de ce rêve, ainsi que les émotions et sentiments des personnages qui sont tus.
C'est bien là que réside la grande force de ce roman : tout est dans le non-dit, le non-écrit.

Un roman qui tient une place toute particulière dans ma bibliothèque et dans mon cœur...

Publié dans Livres

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manou 15/07/2016 11:51

J'ai adoré la lecture de ce roman et le film aussi m'a bouleversé...Tu me donnes envie de me replonger dans cette lecture qui ne peut laisser personne indifférent. J'aime beaucoup ta façon d'en parler Mimi...

yannn 14/07/2016 10:07

Je viens de vérifier dans vos réponses.
J'ai tout validé. Pas de "Mimi" encore ne attente de validation pour donner les réponses en clair.
Eklablog a mangé "notre" réponse. Ça arrive parfois quand l'article est modéré sur deux jours, le mardi et mercredi.
Je suis vraiment désolé, et cette fois ci, je n'avais pas sauvé tes réponses sur une page WORD.
A suivre, je véréfierai à nouveau. yann

yannn 14/07/2016 09:45

Coucou,
tu fais bien de me le signaler, je vais rchercher tes reponses aux mots. Te souhaite un beau pont du 14 juillet. Bises. Yann

lemenuisiart 13/07/2016 20:05

Je ne connais pas c'est tu le présente bien

Mimi 13/07/2016 21:06

Merci Christian et bonne soirée

CathyRose 13/07/2016 19:59

J'en ai bien sûr souvent entendu parler mais je ne l'ai jamais lu, et je n'ai même jamais vu le film qui en a été tiré ... une lacune à combler de toute urgence !
Belle soirée, bisous !
Cathy

Mimi 13/07/2016 21:06

Oui celui-là est vraiment à connaître. Si tu as l'occasion, ne te prive pas. Bisous