Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire

Publié le par Mimi

Lire Cahier d'un retour au pays natal, c'est d'abord lire un poème engagé. Césaire crie sa révolte contre l'état français et la colonisation imposée. C'est la prise de conscience de l'impossible vie des Martiniquais et l'inégalité de la condition des Noirs.

Mais c'est aussi la reconnaissance de la passivité d'un peuple et le souhait de le voir se lever et lutter contre toute oppression, même culturelle.

Cette foule qui ne sait pas faire foule, cette foule, on s'en rend compte, si parfaitement seule sous ce soleil...

Césaire se bat pour démonter les images-clichés de la Martinique, son ciel bleu et ses plages romantiques. Non, ici tout est malade, jusqu'au "soleil vénérien".

Et puis bien sûr, lire Cahier d'un retour au pays natal c'est prendre conscience de l'impossible assimilation française ou européenne. Les ancêtres des Antillais (et des Africains) ne seront jamais les Gaulois. Et c'est ainsi que Césaire emploie le terme de négritude pour revendiquer son appartenance à la civilisation et à la culture noires.

Et mon originale géographie aussi ; la carte du monde faite à mon usage, non pas teinte aux couleurs des savants, mais à la géométrie de mon sang répandu, j'accepte.

Enfin, Césaire  encourage ses compatriotes à croire en eux, à oublier le passé et à se tenir debout pour retrouver tout ce qui fait leur appartenance. "Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi. Les cheveux dans le vent, ma main petite dans son poing énorme..."
C'est l'espoir qui renaît, tout n'est pas perdu. L'époque du "bon nègre" est révolue. Il ne s'agit pas non plus de faire l'apologie de la haine, Césaire est tiraillé entre sa culture et celle acquise en France. Il prône la tolérance et l'ouverture à l'autre.

S'il est difficile (en tout cas pour moi ; son vocabulaire est d'une richesse incroyable et ses tournures de style plutôt surréalistes) d'entrer de plein pied dans la poésie de Césaire, je reconnais que certains passages m'ont pris aux tripes tant son cri de révolte est audible et percutant. J'avais parfois l'impression de l'avoir là en face de moi, complètement enflammé par son discours, et de l'entendre et non de le lire. Comme un récit psalmodié, un chant negro-spiritual.
Alors même si certains passages me sont restés hermétiques, je veux saluer ici Aimé Césaire, qui en son nom et pour les siens, agit en écrivant, en dénonçant.

 

Je remercie Manou qui, grâce à ses pages découvertes lors du Printemps des Poètes, m'a conduite vers cet auteur dont je n'avais rien lu jusqu'à présent.

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circuits organisés birmanie 30/05/2017 04:22

très bon article mais il est un peu difficile à lire

Dalva 13/05/2017 08:50

Et je te remercie pour cet article. J'ai toujours pensé que lire Aimé Césaire était très difficile. A te lire, je me dis que c'est possible pour moi de le lire.

Mimi 13/05/2017 23:55

Tu peux le lire sans problème, même si j'avoue que tout ne m'est pas apparu lisible du premier coup. Mais après avoir cherché quelques explications sur le sujet, j'ai bien mieux apprécié la lecture.

Quichottine 13/05/2017 00:44

J'en ai seulement beaucoup entendu parler. ..
Un classique à l'université.
Merci pour ton ressenti.
Bisous et douce soirée

Mimi 13/05/2017 23:53

Merci Quichottine ! Oui, c'est un texte qui est au programme de terminale ou de l'Université. Il faut le lire avec une petite explication de texte et de contexte.

lemenuisiart 12/05/2017 21:11

Cela doit-être bien

Mimi 13/05/2017 23:52

C'est très intéressant d'avoir le point de vue d'un ancien "colonisé"...

missfujii. 12/05/2017 19:48

il serait bon de faire étudier les textes de Césaire aux jeunes écoliers. Au même titre que ceux de Victor Hugo.

Mimi 13/05/2017 23:51

L'écriture et les tournures de style sont plutôt diffficiles pour des écoliers, du moins dans ce texte-là...