Une saison à Longbourn de Jo Baker

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C'était là un de ces étranges handicaps dont les gens de bonne famille étaient affligés : ils ne pouvaient ouvrir une porte, ni sortir de leur voiture sans assistance.

Une saison à Longbourn de Jo Baker

Quelle belle idée ! À partir du roman "Orgueil et préjugés" de Jane Austen, Jo Baker a construit le sien en s'intéressant aux personnages secondaires, voire tertiaires. Elle est allée rendre visite non pas aux Bennet mais au personnel qui sert sans relâche et avec abnégation le monde d'en haut.

Nous y découvrons l'envers du décor ou tout n'est que travail et corvées du matin au soir, le tout ordonné avec beaucoup de soupirs, de rares satisfactions et encore moins de remerciements. Comment et quand avoir une vie privée dans de telles conditions ?

Jo Baker réussit malgré tout à former une intrigue autour de l'intendante et de son mari, M. et Mme Hills, de la charmante Sarah et de l'espiègle Polly, les servantes et bien sûr de James Smith le garçon à tout faire. Amour, gloire et beauté sont aussi présents, mais beaucoup plus discrets et sans doute plus sincères.

Un roman qui complète parfaitement celui de Jane Austen. Si deux mondes se côtoient, on s'aperçoit vite que rien ne leur est commun, que les préoccupations des uns et des autres sont très éloignées, que les réactions face aux évènements sont perçues différemment. Le roman de Jo Baker met l'accent sur les conditions de vie des domestiques sous l'ère victorienne. Et comme dans "Orgueil et préjugés" où le héros était en fait une héroïne (Elizabeth), dans "Une saison à Longbourn" il en est de même et c'est bien autour de Sarah que se forme le récit.

Aurait-elle un jour le loisir de s'occuper de ses propres affaires, de ses propres besoins et non pas uniquement de ceux des autres ? Pourrait-elle un jour obtenir ce qu'elle voulait plutôt que de compter sur l'éclat du bonheur des autres pour lui réchauffer le cœur ?

Un roman sympathique qui nous prouve encore une fois que l'on peut côtoyer d'autres personnes sans vraiment les connaître, que le fait d'être "bien" né(e) ou pas change à tout jamais la vision des événements.

On ne posait pas de questions. Cela ne se faisait pas. On ne parlait jamais à ses maîtres, sauf s'ils s'adressaient à vous. Il valait mieux feindre d'être sourd comme un pot et incapable de se forger la moindre opinion.

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écureuil bleu 07/12/2015 19:52

Bonsoir Mimi. Je ne connais pas ce livre et il me ente bien. Bonne soirée

Mimi 07/12/2015 21:29

Alors si j'ai réussi à te tenter, j'ai fait ma BA.
Bonne soirée...

Nell 01/12/2015 18:29

Leurs conditions n'étaient pas enviables à l'époque. Beaucoup ont sacrifié leur vie privé au détriment de leur maître. Il fallait qu'elles aient du courage et comme tu le dis de l'abnégation. Bonne soirée, Mimi et à bientôt

Mimi 01/12/2015 19:10

Du matin au soir être disponible pour les autres et rien que les autres, s'effacer jusqu'à l'oubli de soi... Je me sens ridicule du coup avec mes petits bobos.

manou 01/12/2015 17:48

C'est en effet une idée intéressante de prendre les personnages secondaires...

Mimi 01/12/2015 19:07

Et dire que quand j'ai lu "Orgueil et préjugés", jamais je ne me suis posée de questions au sujet des domestiques. Comme quoi Jane Austen a bien réussi son intrigue autour des Bennet...

pol 01/12/2015 11:27

doit on lire ou relire orgueil et préjugés pour suivre le fil de ce roman?

Mimi 01/12/2015 12:33

Inutile puisqu'il y a très peu d'interactions entre les premiers et les seconds. Ou alors par plaisir bien sûr...

Bernieshoot 01/12/2015 07:24

C'est original comme ressort d’un roman de s'appuyer sur des personnages secondaires d’un autre

Mimi 01/12/2015 12:32

Original et sympathique de connaître les personnages cette fois-ci secondaires et anciens héros du roman.