Le chardonneret de Donna Tartt

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"Il ne faut pas s’offenser que les autres nous cachent la vérité, puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes." François de la Rochefoucauld.

Le chardonneret de Donna Tartt

Je suis désolée, tellement désolée, ma Lolo. Tu voulais tellement que je me régale avec ce Chardonneret. Tu me l'as transmis avec tellement d'enthousiasme. Tu me l'as déposé dans les mains comme si tu me remettais un trésor. Et ton visage ! Mon Dieu, comme il reflétait le bonheur. "Tiens, m'as-tu dit, lis ça, c'est magnifique."

J'ai tout lu ! Promis, juré ! J'ai juste passé quelquefois des lignes et un paragraphe par ci, par là, mais je n'ai sauté aucune page. J'ai voulu te faire honneur, lire jusqu'au bout ce que tu avais décrit comme une lecture miraculeuse. Mais hélas, le miracle, pour moi, n'as pas eu lieu, et cela dès le début...

Dès le début, ces prises de tête avec le choc post-traumatique m'ont ennuyée. Aucune empathie ? Non, ce n'est pas ça. Tout le monde subit des traumatismes, n'est-ce pas ? D'ailleurs, tu en sais aussi quelque chose. Mais ce ressassement pendant des pages m'a tellement engluée que j'ai eu bien du mal ensuite à me sentir sereine.
Et puis la sombre histoire de Théo (solitude, mal être, vol, mensonge, alcool, drogue, meurtre, dépression) exposée pendant près de 800 pages ne m'a jamais tenue en haleine. Je l'ai trouvée longue, très longue, tellement de digressions inutiles. Je n'ai pas pu jouer le rôle de son psy, en l'écoutant patiemment. Je n'avais qu'une envie, celle de lui dire de consulter ailleurs. Je ne pouvais rien pour lui. Et puis, il faut bien le dire, ce petit chardonneret n'est qu'un prétexte à l'histoire et la fin est tellement plate : le retour au musée du petit tableau comme par miracle. Ah, c'est peut-être là que se situe le miracle de la lecture, une petite pirouette toute simple pour finir le roman, en tout bien, tout honneur.

Oui, bien sûr, ma Lolo, nous allons en parler toutes les deux de ce livre. Mais j'ai bien peur que nos discussions ne soient pas emplies de tout le lyrisme et anecdotes que nous avons l'habitude de nous lancer quand nous sommes heureuses, toutes les deux, de nos lectures. Non, vraiment, mon ressenti ne sera pas à la hauteur de tes attentes.

Et puis, j'y ai vu comme une resucée de l'excellent roman de Jaume Cabré "Confiteor" : un objet culturel en toile de fond, un homme tourmenté, une histoire d'amour impossible, un père brutal... C'est peut-être ça qui m'a gênée depuis le début, cette ressemblance qui empêche d'être surprise. Pourtant, ressemblance n'est pas le mot qui convient, c'est plutôt une association d'idées qui m'a fait penser à Confiteor. Comme aussi ce besoin, pour le narrateur, de mettre par écrit l'histoire de sa vie. Et ce message final, tellement confit de morale et de psychologie à deux sous m'a vraiment peinée. C'est tellement dommage de finir ainsi.

Je suis si triste, ma Lolo, d'avoir si peu aimé ce roman...


Le thème :

Attentat au musée. Une bombe vient d'exploser. De nombreuses victimes parmi lesquelles Théo. Il arrive à sortir des décombres en emportant un petit tableau d'une grande valeur. Sa mère, elle, est décédée. Commence alors pour lui, une vie sans repaire familial, une vie d'errance et de souffrance.

C’est fortuitement que je remarquais la chaîne à la cheville de l’oiseau, ou que je songeais combien la vie de cette petite créature, battant brièvement des ailes puis toujours forcée, sans espoir, d’atterrir au même endroit, avait dû être cruelle.

Publié dans Livres

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Le blog des livres 16/03/2016 09:55

Ces longueurs m'ont pesé aussi, mais j'ai bien aimé l'histoire du tableau en toile de fond, et ces objets d'art qui traînent partout :-) J'ai lu aussi Confiteor, mais je l'ai trouvé nettement plus complexe, même si, c'est vrai, les thèmes sont proches. Cci dit, j'ai préféré
Confiteor aussi...

jean pierre mazille 25/09/2015 16:50

On peut vous soupçonner d’avoir choisi les titres de vos articles des 1 et 2 septembre à dessein. En tout cas, j’ai beaucoup aimé "Le chardonneret de Donna Tartt aux Mirabelles", les fruits donnant du goût à l'oiseau.

Mimi 25/09/2015 17:47

Merci de cette subtile remarque qui me fait sourire...

Montazeaud 06/09/2015 10:14

Nous en parlions jeudi...Pour ma part, j'ai fermé l'ouvrage quand les services sociaux prennent en charge ce petit bonhomme après l'explosion....pourquoi ??? je ne sais plus ce qui se passait dans ma vie à ce moment là...Seule certitude ces lignes m'angoissaient....et c'était long, long...la patience n'est pas mon fort....je reprendrai le Chardonneret plus tard...sans doute...Au moins pour partager un beau moment avec toi et Lolo...bises

Mimi 06/09/2015 10:52

Je vois que Lolo a été démasquée. J'ai trouvé cette histoire si sombre que j'ai eu bien du mal à la poursuivre. Je pensais que ce petit tableau aurait eu un pouvoir de résilience sur Théo, mais jamais au fil des pages je ne l'ai ressenti, ce fut le contraire.

Hélène 02/09/2015 10:00

J'ai hésité et j'hésite toujours face à ce roman, de nombreux avis mitigés fleurissent ! A suivre !

Mimi 02/09/2015 12:44

Je comprends. J'étais partie sereine face à cette lecture que mon amie m'avait si bien vendue. Mais voilà, l'intérêt des uns et des autres...

Bernieshoot 02/09/2015 07:47

C'est toujours décevant et un peu triste une lecture qui n'est pas aimée