Mémé de Philippe Torreton

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Mémé de Philippe Torreton

Voici une lecture idéale pour replonger, le temps d'un été, dans son enfance. Pour moi, de nombreux souvenirs sont remontés à la surface, tendres souvenirs...

Mémé. Je me souviens. Tu gardais précieusement l'eau de pluie qui rendait les cheveux si brillants, les papiers entourant les mottes de beurre pour les disposer ensuite dans les moules à tarte (ton papier sulfurisé à toi). Ta poule au pot qui mijotait pendant des heures sur le coin de la cuisinière à charbon, lorsque toute la famille arrivait le dimanche. Tes blouses pour ne pas user les vêtements...
Ha, qu'il est bon de se retourner vers ce passé là, les jours chez Mémé étaient toujours des cadeaux, des moments de bien-être, des instants précieux parce que je quittais la fratrie et que j'étais enfin seule et unique pour quelqu'un.

Quelle belle idée, Philippe Torreton, vous avez eu ici. Quel bel hommage vous rendez à votre grand-mère et par delà à toutes les mémés. C'est vrai, c'est un mot que l'on n'emploie plus mais dans le fond les grands-mères, quelque soit le surnom qu'elle porte aujourd'hui, sont toujours les mêmes. Elles sont l'image de l'enfance, de la tendresse, de l'amour.
De plus, vous possédez une belle plume et vos réflexions sur la vie, le quotidien, le monde dans lequel nous vivons actuellement sont franches et sans appel. Nous retrouvons bien là les traits de votre personnalité. Vos coups de gueule ne sont pas toujours appréciés mais vos coups de coeur sont grandioses...

Et toi ma sœur, quelle belle idée tu as eu de m'offrir cette petite boîte de madeleines. Tu avais raison, j'y ai retrouvé toutes les saveurs de l'enfance.

On peut toujours ironiser sur l'importance d'une chorale ou d'un club de théâtre, d'un orchestre ou d'une fanfare, d'un club cinéma ou d'un atelier de sculpture mais pratiquer ou découvrir une activité artistique à l'école c'est avoir une chance d'échapper à la tyrannie de son milieu social, à la dictature de son lieu de naissance, au despotisme éclairé de la note, dernier soubresaut maurrassien de notre République. La note fait de nous un numéro, elle nous résume à jamais nous qui sommes si complexes, le chant fait de nous une voix, la danse un corps libre, le théâtre un individu. On apprend le "soi" grâce à l'autre et on découvre l'autre grâce à moi... Le théâtre c'est remettre à un peu plus tard le moment de choisir un métier d'adulte. Le théâtre m'a fait prendre conscience que quelque chose de beau, de terrible, de drôle, de fort peut sortir de moi et que j'en ai le droit. J'ai appris à parler le Shakespeare en réalisant une évidence que Shakespeare a écrit cela pour moi aussi et je n'ai plus jamais oublié cela après.

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Velidhu - Que Lire ? 31/07/2015 13:47

Une de mes connaissance l'a lu et il en dit exactement la même chose que toi. Ce livre lui a remémoré les bons moments passés avec sa grand-mère qui pourtant n'était pas très commode. Je me laisserai tenter un jour.

Bernieshoot 17/07/2015 16:34

se replonger sans ses souvenirs de vacances est une excellente idée, un livre à retenir