Un nageur dans la ville de Joaquin Perez Azaustre

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Un nageur dans la ville de Joaquin Perez Azaustre

Nager. J'adore ça et c'est sans doute ce qui m'a attiré vers ce livre. Ce titre énigmatique d'abord et cette première de couverture qui laisse entrevoir un monde sans fin. C'est du moins ce que j'ai ressenti.

La piscine, un monde à l'intérieur d'un monde où finalement, oui, il existe des codes, un rituel, des couloirs que l'on choisit, des nageurs que l'on croise, des personnalités que l'on reconnaît à leurs mouvements de brasse ou de crawl. Nager et accumuler des longueurs de bassin, se fondre dans l'eau, oublier l'instant et nager, nager jusqu'à ce que le corps se libère de sa pesanteur, jusqu'à ce que l'esprit se vide de ses soucis, jusqu'à ce que le bruit s'estompe.
C'est ce que fait Jonas très régulièrement, peut-être plus régulièrement encore qu'avant, avant quand il vivait avec Ada. Depuis qu'ils sont séparés, Jonas se cherche et se perd. Il a dû déménager dans un autre quartier de la ville. Il a renoncé aux photographies, du moins autres que celles que lui demande le journal pour lequel il travaille. Il boit plus que de raison, souvent seul dans des endroits plutôt glauques. Il a du mal à respirer, dort mal... Mais Jonas ne se pose pas de question sur lui-même. Par contre, il est intrigué quand les gens disparaissent autour de lui, et cela commence par sa mère...

Un très beau roman qui vous happe dès les premières lignes. Une écriture soignée, riche et puissante qui vous emmène dans un monde parallèle dans lequel il serait facile de se noyer. Une superbe métaphore sur la solitude qui s'empare de notre héros, qui ne perçoit plus les mains tendues, qui s'enfonce dans son isolement sans le reconnaître et qui paradoxalement, ne trouve sa raison de vivre que dans l'eau.

Une découverte magnifique. Un auteur à suivre très certainement, il signe ici son quatrième roman, mais le premier traduit en français.

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