Dîtes aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

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Dîtes aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Et v'lan ! Celui-là je ne l'ai pas vu venir mais pour moi ce livre est un vrai bonheur de lecture. J'adore être surprise, subjuguée par l'écriture et l'intrigue.

J'ai retrouvé mon adolescence et toutes les interrogations qui l'accompagnent, j'ai rejoué à me déguiser. Je n'avais ni d'époque ni de lieux précis, l'imagination avait toute sa place, il fallait juste que je décroche le rideau de ma chambre et que je m'en drape pour devenir un personnage et tout pouvait arriver.
Alors dire que j'ai adoré l'héroïne de ce roman est un euphémisme. Tout m'a séduite chez elle, sa faiblesse comme sa force, ses passions d'enfant et de femme, son courage, ses moments de doute et d'introspection et son amour si grand pour les autres.
C'est un roman éblouissant qui vous cueille dès les premières pages et vous mène jusqu'au bout sans aucune faute. Vous restez accrochée au bord de votre fauteuil sans faiblir, sans faillir, le livre bien serré entre vos mains, parce vous savez qu'il vous faut accompagner June jusqu'au bout, jusqu'à la porte de l'âge adulte, jusqu'à la perte de l'innocence, jusqu'à sa propre découverte d'elle-même.

June, jeune adolescente, est secrètement amoureuse de son oncle Finn. C'est un sentiment qu'elle n'exprime pas ouvertement, on n'a pas le droit d'aimer un parent. Mais les liens qui l'unissent à son oncle sont forts et réciproques. Tous deux sont très complices et l'oncle Finn fait tout ce qu'il peut pour ouvrir l'esprit de sa jeune nièce : concert, exposition, cinema... Il faut dire que Finn est un artiste reconnu à New York et ses peintures se vendent plutôt bien. Seulement, Finn va mourir. Sida.
Dans les années 80, avoir le sida est une maladie honteuse et en parler reste tabou. C'est la maladie des homosexuels. Les recherches scientifiques ne sont pas encore capables de rassurer le public.
Lorsque Finn disparaît, June va faire la connaissance de Toby, le compagnon de son oncle. Elle va se lier d'amitié avec lui et comprendre à travers lui qui était véritablement son oncle et découvrir l'évolution de cette terrible maladie car Toby est en également atteint. De révélation en révélation, June va quitter le monde de l'enfance, ouvrir les yeux sur le monde des adultes souvent hypocrites, injustes, trop pressés...

Carol Rifka Brunt signe ici son premier roman. Une auteure à suivre...

Se rendre dans les bois juste après une tempête de neige est un des meilleurs moments, parce que toutes les canettes, toutes les bouteilles de bière et tous les papiers de bonbons disparaissent, et il ne faut plus faire autant d'efforts pour s'imaginer à une autre époque. En plus, il y a quelque chose de magique à marcher sur de la neige vierge de toute trace de pas. Ca nous donne l'impression d'être exceptionnel, même si on sait qu'on ne l'est pas.

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