Les chagrins de Judith Perrignon

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Les chagrins de Judith Perrignon

Prison La Roquette, Paris 1967.
Helena vient de mettre au monde une petite fille prénommée Angèle.
Très vite, la petite est élevée par sa grand-mère Mila. Entre elles deux, toute la tendresse du monde s'installe. Elles s'aiment, se protègent l'une l'autre.
Parfois, il faut aller en prison visiter la mère. Le contact est rude. L'amour n'habite pas la prison et la mère est silencieuse, ses yeux sont lointains et froids. La petite a peur.

Du chagrin, il y en a dans ces pages. Il y en a même plusieurs. Il y a d'abord celui, incommensurable d'Helena la silencieuse, condamnée à cinq ans d'emprisonnement suite à un braquage dans une bijouterie. Elle en assume seule la responsabilité et son amant et complice a pris la fuite.
Celui de Mila aussi. Elle n'a pas eu la vie rêvée qu'elle souhaitait et le malheur de sa fille la touche profondément.
Il y a encore celui d'Angèle, obligée de partager le quotidien d'une mère sans avenir, sans joie, bloquée sur une époque révolue.
Et puis, il y a aussi les chagrins des hommes, le journaliste Valbon et le père d'Angèle.

Tous ces chagrins se côtoient mais jamais ne se mêlent. Chacun se retrouve seul face à sa vie, essayant tant bien que mal de se construire avec le manque et l'absence, affectant d'oublier le passé. Et la véritable identité d'Helena nous sera révélée petit à petit par les mots des autres.

C'est beau, touchant, parfois bouleversant et bizarrement calme et apaisant. L'écriture est magnifique, certaines pages sont sublimes. La prison de la rue Roquette a disparu depuis longtemps mais ce roman nous laisse son empreinte.

Publié dans Livres

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